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Championnet, le quartier qu’on ne présente plus

Championnet, c’est ce quartier que les Grenoblois connaissent sans vraiment le regarder. Marché le samedi, façades Art Déco, une vie de quartier qui résiste. Et des prix qui commencent enfin à refléter ce qu’il vaut vraiment.

Il y a des quartiers qu’on traverse sans les voir. Championnet fait partie de ceux-là, pendant longtemps en tout cas. Coincé entre deux axes plus connus, à mi-chemin entre le centre et ce qu’on appelle « les quartiers Sud », on l’oubliait presque. On le mentionnait en passant, comme une étape avant d’arriver ailleurs. Et puis un jour, on s’arrête. On regarde vraiment.

 Une architecture qu’on ne remarque qu’en levant les yeux

 

Je passe souvent devant l’un d’eux, rue Nicolas Chorier, en allant faire une visite un peu plus loin. Chaque fois, je remarque un détail que je n’avais pas vu avant. C’est un peu le principe de ce quartier : il ne se dévoile pas d’un coup.

Le marché du samedi, colonne vertébrale du quartier

S’il y a un moment où Championnet prend toute sa dimension, c’est le samedi matin. Le marché s’installe, et avec lui toute une vie de quartier qu’on ne soupçonne pas le reste de la semaine. Les habitués se retrouvent, les commerçants connaissent les prénoms, on s’arrête plus pour discuter que pour acheter, parfois.

C’est aussi là que je prends le pouls du quartier, professionnellement parlant. Un marché vivant, c’est souvent le signe d’un quartier qui tient bon face à la standardisation qu’on voit ailleurs — les enseignes qui se ressemblent d’une ville à l’autre, les rez-de-chaussée qui ferment un à un. À Championnet, pour l’instant, ça résiste.

Ce que ça change pour un projet immobilier

Concrètement, pour qui cherche à acheter ou investir, Championnet coche des cases qu’on ne trouve pas facilement réunies ailleurs à Grenoble. Un bâti de caractère, souvent avec de belles hauteurs sous plafond et des volumes qu’on ne refait plus. Une vraie vie de quartier, pas artificielle, pas pensée pour les touristes — juste des gens qui y vivent depuis longtemps et d’autres qui commencent à arriver. Et une proximité appréciable avec le centre, sans en payer le prix fort.

Parce que c’est bien ça qui a longtemps freiné l’intérêt pour ce quartier : les prix n’ont pas toujours suivi la qualité du bâti. Championnet a été sous-coté pendant des années, un peu à l’ombre de quartiers plus médiatisés. Ce n’est plus vraiment le cas aujourd’hui. Les acheteurs qui prennent le temps de vraiment le visiter — pas juste de le traverser en voiture — comprennent assez vite pourquoi certains habitants n’en partiraient pour rien au monde.

Un quartier qui se découvre à pied

Si je devais donner un seul conseil à quelqu’un qui hésite sur Championnet, ce serait celui-ci : ne le jugez pas depuis une voiture. Ce quartier se révèle à pied, un samedi matin, en prenant le temps de lever les yeux vers les façades, de s’arrêter sur le marché, de pousser jusqu’aux petites rues qu’on ne voit pas depuis les grands axes.

C’est un peu la philosophie que j’essaie de transmettre à chaque client, d’ailleurs, peu importe le quartier concerné. On ne choisit pas un bien uniquement sur un plan et trois photos. On choisit une vie de quartier, un contexte, une façon d’habiter la ville qui va bien au-delà des mètres carrés.

Championnet ne se vend pas tout seul, dans le sens où il ne saute pas aux yeux au premier coup d’œil. Mais une fois qu’on l’a vraiment regardé, difficile de repartir sans un peu d’attachement pour ce quartier qu’on ne présente plus — parce qu’il n’en a plus vraiment besoin.

Si Championnet vous intrigue, on peut toujours en parler autour d’un café ou d’une visite.